ActualitéFaits'D'JeuTactiqueTanière

Faut-il renouer avec les sorciers blancs ?

0

La déception des hommes de Pape Thiaw est immense comme les espoirs. La désillusion habite jusqu’à présent les supporters sénégalais, qui ont du mal à digérer l’élimination en 16e de finale de la Coupe du monde par la Belgique (3-2). Ce n’est pas tant le résultat qui fait mal. Mais plutôt le scénario d’un match que les champions d’Afrique ont pourtant contrôlé jusqu’à la 85e minute avant de s’effilocher face à des Belges miraculés.

Toutes les critiques (sur le terrain) sont dirigées vers un seul homme. Pape Thiaw est responsable des résultats de son équipe et sa tête est mise à prix par une partie du public, qui milite pour le retour des « sorciers blancs». Ces inconditionnels énervés, qui accusent Pape Thiaw de copinage, pensent qu’un entraîneur étranger, sera plus libre pour prendre des décisions courageuses. Mais ont-ils vraiment raison ?

L’ère des nuls Blancs 

Pas forcément besoin de remonter loin pour retracer le passé de la sélection sénégalaise avec les entraîneurs étrangers. En 2002, le Sénégal joue sa toute première finale de coupe d’Afrique au Mali et dispute sa première coupe du monde, avec une place de quart de finaliste. Des succès acquis sous la direction d’un Bruno Metsu, qui a fini par être adopté par tout un peuple.

Mais depuis cette période, « la chance blanche », a quitté le banc des Lions. Guy Stéphan (2002–2005) a été éliminé en quart de finale de la CAN 2004 et des éliminatoires au mondial 2006 par le Togo d’Emmanuel Adebayor. Henryk Kasperczak (2006–2008) n’a pas hésité à lâcher l’équipe en pleine compétition (CAN 2008 au Ghana ), parlant d’une équipe « sans âme ». Alain Giresse (2013–2015) fait mieux. Il sort dès les phases de poule de la CAN 2015 et insulte tout un pays. Que ces techniciens blancs soient libres de leurs décisions ou plus courageux que Pape Thiaw, en tout cas leurs résultats sont incomparables.

L’ère du succès local 

Aliou Cissé et Kalidou Koulibaly

Aliou Cissé et Kalidou Koulibaly

Cependant il faut nuancer. Car, il y’a aussi autant de sélectionneurs locaux qui ont échoué sur le banc de la sélection : Abdoulaye Sarr (2005–2006), Lamine N’Diaye (2008), Amara Traoré (2009–2012) et Joseph Koto (2012) sont de cette catégorie.

C’est là que le Sénégal très prompt au changement a misé sur la stabilité avec Aliou Cissé (2015–2024), qui finira par réussir. Le Sénégal se qualifie régulièrement aux compétitions et El Tactico donne la première étoile au pays en 2022 au Cameroun. Les dynamiques s’inversent, les portes s’ouvrent et l’étoile commence à briller chez les gens qui ont « une haute estime de leur football », pour paraphraser quelqu’un.

Pape Thiaw avec les Lions à Diamniadio

Pape Thiaw avec les Lions à Diamniadio

Dans la même dynamique Pape Thiaw remporte à  son tour la CAN au Maroc et de fort belle manière. Même si tout n’a pas été bien fait lors de ce mondial, les techniciens locaux ont au moins la légitime de se faire pardonner un échec qui ne fera que les grandir.

Chronologie d’un échec programmé !

Previous article

You may also like

Comments

Leave a reply

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *