Après avoir demandé à tout le monde de se taire dans l’opération déballage, qui commençait à prendre des proportions inquiétantes, le ministère de la jeunesse et des sports va agir. L’instance qui promet un « bilan complet et rigoureux » ne peut pas ne pas sévir, après tout ce qui s’est passé dans cette coupe du monde. Le ministère qui a bloqué du licenciement de Pape Thiaw « promet de faire toute la lumière sur cette participation » des Lions au mondial.
Mais en quoi faisant ? En suivant peut-être la volonté de beaucoup de Sénégalais dont le chroniqueur Yoro Mangara et l’analyste Mbaye Jacques Ndiaye, qui militent pour la dissolution de la fédération, qui a disons-le déshonoré le Sénégal. Une solution urgente, mais qui ne serait pas sans conséquences sur le football sénégalais dans son ensemble.
« L’Etat peut retirer sa délégation »
M’baye Jacques Ndiaye, sur le plateau Infos Matin de la TFM tacle les menaces proférées en cas de dissolution d’une fédération de football. Selon lui, les autorités ont bel et bien la possibilité de le faire. Il estime que « si l’Etat note des manquements dans le fonctionnement d’une fédération, il peut retirer sa délégation de pouvoirs de façon concertée avec la FIFA.»
Même position défendue par Yoro Mangara, chroniqueur à RFI : « Si le président Diomaye m’écoute, je l’appelle pour qu’il dissolve cette Fédération, qu’on organise de nouvelles élections. C’est un agrément qu’on donne à la Fédération et dans le code du sport, il est écrit que si les dirigeants du football fautent l’état peut retirer l’agrément » dit-il, en se basant sur les révélations et la mauvaise gestion de la fédé dans cette coupe du monde et le ridicule des péripéties qui entourent l’élimination.
Que disent les textes ?

La fédération sénégalaise de football est actuellement attaquée de tous bords.
En principe, une fédération de football est une instance autonome malgré l’agrément reçu de son État. La dissoudre va naturellement engendrer des conséquences majeures. L’instance du football mondial a mis les barbelés pour empêcher toute ingérence dans la gestion du football, et garantir l’indépendance des dirigeants, qui l’incarnent. Dans son article 14, la FIFA précise que « les fédérations nationales doivent gérer leurs affaires en toute indépendance et sans ingérence extérieure.»
Une disposition qui, une fois voilée peut ouvrir la porte à des sanctions très sévères. La FIFA peut même décider de la suspension de la fédération et l’exclusion des équipes nationales et des clubs de toutes les compétitions internationales. Des risques qu’un pays comme le Sénégal ne voudra pas prendre mais, en suivant la logique de Mbaye Jacques, tout cela peut-être évitée, si la FIFA est saisie en amont.
La jurisprudence, M’baye Ndoye

Pourtant le Sénégal a déjà dissout sa fédération dans le passé. En novembre 2006 une crise a éclaté entre l’instance fédérale dirigée par Mbaye Ndoye et le ministre des Sports de l’époque, Daouda Faye. A cause des désaccords persistants sur la gestion du football, le ministère a officiellement retiré la délégation de pouvoirs à la FSF.
Face au risque d’exclusion de toutes les compétitions internationales, une médiation de la FIFA et de la CAF a eu lieu. Un compromis a été trouvé en décembre 2006 à Zurich et le Sénégal a dû se conformer aux textes internationaux. Mbaye Ndoye a fini par quitter la présidence de la FSF plus tard, en mars 2008, permettant une normalisation progressive de l’instance.
une époque lointaine, mais qui peut bien se reproduire au Sénégal condition que Djirèye Clotilde Coly ait le courage de franchir le pas.











Comments