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Le 12e Gaïndé abandonné !

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Ça fait maintenant 15 jours, donc plus de 360 heures que les 18 supporters sénégalais croupissent dans les geôles marocaines.  Arrêtés, lors de la finale de la CAN, remportée par le Sénégal sur le pays hôte, le Maroc (1-0), ces fans loin de leurs familles, continuent de crier leur désarroi. Report de procès récurrent, problèmes de communication et conditions de détention difficiles, le 12e Gaïndé n’a d’autre choix que de se radicaliser dans sa lutte, pour obtenir gain de cause. Une sorte de grève de la faim, est entamée depuis ce vendredi 6 février pour réclamer justice, au moment où, malheureusement au pays, on ne semble pas se soucier de leur sort.

Diplomatie en berne 

Lorsque l’arbitre congolais a sifflé le penalty pour le Maroc, sur un contact avec Brahim Diaz, les joueurs n’ont pas été les seuls à protester. Dans les tribunes, le 12e Gaïndé facilement identifiable avec ses couleurs du Sénégal, n’a pas pu se retenir face à l’injustice. Ses membres ont fait face aux forces de sécurité, témoigner leur mécontentement. Mais 17 d’entre eux sont finalement arrêtés et détenus au Maroc depuis.


« Ousmane Sonko va se rendre au Maroc et les supporters seront libérés.» Une idée que beaucoup ont véhiculé, espérant une issue heureuse avec le visite du premier ministre au Maroc, une semaine après la finale. Mais malheureusement la montagne va accoucher d’une petite souris. Une échec cuisant de la diplomatie sénégalaise, qui est incapable de faire libérer ses fils détenus dans « pays frère ». Malgré les remontrances du PM, à ses homologues marocains, les supporters restent en taule.

Fédération insouciante 

C’est une image très contrastée. Pendant que les supporters qui se sont battus, dans les tribunes pour la deuxième étoile du Sénégal, n’ont pas eu le temps de savourer la victoire, le trophée est présenté aux détenus dans nos prisons.  Les fédéraux se pavanent partout avec la coupe, dans les agences et chez tous les partenaires, oubliant ces compatriotes, qui n’ont pas pu assister au coup de sifflet final du match. Mis à part le seul avocat, commis rien de concret pour soutenir les frères sénégalais.

Tahirou Sarr n’a pas raté Abdoulaye Fall et sa bande. Le président du mouvement Les Nationalistes s’en est violemment pris à toutes les autorités du pays, qui à ses yeux « n’en font pas suffisamment » pour faire libérer, le 12e Gaïndé.  Une grosse part de vérité figure dans son argumentaire, puisque l’autorité sénégalaise semble impuissante face à une situation, qu’elle a du mal à maîtriser.

Grève et grève !

Si la situation des supporters sénégalais n’a pas évolué c’est en grande partie à cause d’un climat social tendu dans le pays. Des milliers d’avocats ont manifesté vendredi devant le Parlement du Maroc à Rabat pour exiger le retrait d’un projet de loi réformant la profession, dénoncé comme une menace pour l’indépendance et l’immunité de la défense. Ce qui est à l’origine d’un deuxième report du procès. Ces fans déplorent « l’absence de justice dans leur dossier : » Notre sentiment est que la justice veut nous priver de notre droit à être entendu. Depuis le 18 janvier, nous attendons car il faut qu’ils nous disent ce qu’ils nous reprochent ou, au moins écoutent notre version des faits » figure sur la lettre qu’ils ont adressée à l’opinion après ce deuxième report.

Une situation chaotique que vivent des supporters dont le seul objectif était de défendre leur patrie. Mais une patrie qui ne se préoccupe malheureusement pas de leur situation. Car oui, et il faut le dire, les autorités sénégalaises n’en font pas assez pour libérer le 12e Gaïndé.

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2 Comments

  1. […] comme si ça ne les regardait pas, les fédéraux se pavanent avec le trophée partout, oubliant des supporters, qui se sont battus, pour défendre leur pays. Ce Trophy Tour, qui n’a aucune sauveur, puisque la tête et l’esprit sont toujours avec les […]

  2. […] la commission juridique de Lébou Gui n’y va pas par quatre chemins. Il estime que leurs frères « ont été abandonnés ». Un sentiment partagé par beaucoup, qui, même s’ils ne le disent pas clairement, hument un parfum […]

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