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SUPPORTERS, MAÎTRES DES BANCS DE TOUCHE

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«D’un commun accord, le Jaraaf de Dakar et moi-même avons décidé de mettre fin à notre collaboration». Une simple phrase sur une publication Instagram et fin de l’histoire. Finalement Youssouf Dabo n’aura pas tenu une saison entière dans la chaude ambiance mais nauséabonde du club de la Médina. Mais cette succession rapide d’entraîneurs à la tête du Jaraaf doit donner des indices sur le fonctionnement du club et surtout de l’influence du public très exigeant des locataires de Iba Mar Diop.  Un cas qui est finalement similaire à ce qui se passe, après chaque mésaventure dans les clubs populaires.

Des supporters qui dictent leur loi… 

Mais le constant est là. Les équipes populaires ont trop de pression pour des entraîneurs comme Youssouf Dabo. Cette pression qui devrait en principe être une aide supplémentaire aux joueurs se transforme, en un vent négatif, qui souffle sur le banc des équipes portées par de très sévères publics. A Pikine à Guédiawaye, au Teungueth au Casa Sport et précisément dans le club de Cheikh Seck, la situation est la même: les supporters sont maîtres des lieux et une insuffisance de résultats est impardonnable. Contrairement à Souleymane Diallo qui a résisté à la furie des Ultras de GFC, la saison dernière, Dabo a préféré jeter l’éponge, laissant le club dans l’embarras de choisir entre Pape Ciré Dia, son ex-adjoint et Cheikh Sidy Bâ le directeur sportif en attendant de trouver une autre victime.

Comme tout le monde s’y attendait, l’ancien entraîneur des Rio Boys ne pouvait pas résister à cette 8e  défaite de la saison et surtout au classement peu honorable du plus grand club du pays. Ce samedi 8 avril, après avoir été séchés par la lourde frappe de Jean Louis Barthélémy Diouf (0-1), les dirigeants du Jaraaf ont aussi été la cible de supporters très en colère, qui se sont fait entendre, comme il se doit d’ailleurs. Et même si le principal concerné informe avoir pris sa décision depuis longtemps, les faits sont là. Youssouf Dabo a cédé à la forte pression de l’équipe de la Médina. La même mouche qui a piqué Massamba Cissé, éjecté du banc de l’AS Pikine, en cours de saison. « L’enfant de Pikine » comme il aime se nommer a également subi les mauvais résultats de ses poulains et son licenciement a été accueilli comme une bonne nouvelle, même si son remplaçant Mayoro Guéye ne fait vraiment pas mieux que lui jusqu’à présent.

…et des résultats qui n’aident pas.

«On joue le titre», était le tube de la première partie de saison l’an passé à Guédiawaye. Une première partie en trombe jusqu’aux phases retour où l’équipe de Lat Diop n’a pas pu se maintenir en tête du classement. Des inconstances de résultats et des changements tactiques qui ont énervé le public. Souleymane Diallo : « On fait des choix en fonction de la tactique et de l’adversaire», se défendait le coach des Crabes pour justifier la mise au ban de Mahmout Diallo, meilleur joueur du club d’alors. Malgré tout la direction a décidé de renouveler sa confiance à l’ancien de Ouakam, qui, aujourd’hui fait partie des meilleurs tacticiens et son équipe pratique l’un des meilleurs football. Des mauvais résultats qui ne pardonnent jamais dans un championnat où les équipes se tiennent de très très près. Après 6 journées marquées par 2 victoires 2 défaites et 2 matchs nuls, Massamba Cissé avait été défenestré, avant de se rendre à Aline Sitoé Diatta. Coach Ngagne a assuré l’intérim, pour la 7e journée, avant que Mayoro ne vienne poursuivre le travail, toujours sans grande réussite. Ces mêmes mauvais résultats ont emporté Youssouf Dabo qui disait vouloir « continuer le travail» après la défaite à domicile face à Génération Foot. 8 défaites déjà, 10e, au classement avec un jeu brouillon et des joueurs en deçà du niveau exigé, le Jaraaf ne peut pas se le permettre. Voilà les raisons.

Ce qui s’annonçait comme une belle histoire d’amour a finalement abouti sur des communiqués teintés du «politiquement correct» pour ne pas froisser son ex-collaborateur. Et même si on pense garder de bonnes relations après la démission finalement acceptée, le mal est déjà fait. Youssouf Dabo quitte le Jaraaf par la petite porte. Même si on ne connaît pas encore l’identité de son successeur, une chose est sûre, son passage au Jaraaf ne sera pas un long fleuve tranquille.

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