L’écrivain et cinéaste français Marcel Pagnol (1895-1974) a dit : « la première qualité d’un héros, c’est d’être mort…» C’est la logique que semblent suivre le public sénégalais et ses autorités avec leurs héros du football. Jules François Bocandé, El Hadji Ousseynou Diouf, Sadio Mané…et prochainement Edouard Mendy et Kalidou Koulibaly. Aucune de ces légendes sénégalaises mortes ou vivantes n’a bénéficié d’un bel hommage au cours de sa carrière ou après. Le pays de la Téranga sait profiter de ses grands joueurs pendant qu’ils sont en jambes, mais les délaisse une fois le crépuscule de leur carrière atteint.
Les vivants ont tort !

Pourquoi El Hadji Diouf dérange ?
Pendant des années El Hadji Ousseynou Diouf a soulève des foules et envoyé des pères de familles dans les rues. En 2002, au Mali et en Asie, ses dribbles ont plongé le pays dans l’embrasement total et même poussé le chef de l’Etat Abdoulaye Wade à se mélanger avec la foule. Seulement après sa retraite internationale, « le double ballon d’or sans forcer » n’a pas été honoré à la hauteur de sa légende. L’unique récompense reste ce poste fictif en sélection qui lui donne toujours l’impression d’être un joueur en activité.
Idem pour Sadio Mané, qui a donné au Sénégal sa première CAN en 2022, après tant de sacrifices. Le 14 octobre 2025, lorsque le public a voulu l’honorer à Diamniadio à la 10e minute, c’était un flop total. Ce geste qui voulait « honorer un joueur qui a toujours porté haut les couleurs nationales, avec humilité, détermination et générosité » s’est noyé dans la domination mauritanienne. Idrissa Gana Gueye, Kalidou Koulibaly et Edouard Mendy sont prévus. Ils n’ont qu’à profiter de leur période d’activité, avant d’intégrer l’oubli.
Expert en hommage posthume !

C’est dans ce demain que le public sénégalais et ses autorités excellent, au moins un peu. Honorer un mort est plus facile et plus enthousiaste que de féliciter un héros de son vivant et lui témoigner notre gratitude. Contrairement à eux, les disparus sont mieux lotis et plus considérés, comme, si leur legs n’a d’importance qu’une fois, leur tombes remplies de sable. Pour preuve, la dépouille de Pape Bouba Diop a reçu un hommage fort du chef de l’État d’alors, Macky Sall. La mémoire du premier buteur du Sénégal en coupe du monde a été honorée par sa ville, Rufisque et tout le peuple sénégalais.
Idem pour Jules François Bocandé. L’histoire de Essamaye reste gravée dans la tête des Sénégalais après sa mort et les autorités sénégalaises ont joué le jeu. Les anciens internationaux qui l’ont côtoyé en 2002 n’ont pas pu se retenir. Celui qui était « un père, un frère, un conseiller » pour El Hadji Ousseynou Diouf a été honoré comme il se doit.
Le constat est net. Le Sénégal ne sait pas remercier ses fils, qui ont porté haut ses couleurs, et qui sont encore vivants. Une fâcheuse habitude, qui mérite mure réflexion.











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